Saint-Honorat : une journée entre mer et vignes

L'île de Saint-Honorat est mon écrin de sérénité au large de Cannes. Ancien marin, j’ai un rapport fusionnel avec la mer ; grâce aux Îles de Lérins, je peux garder ce contact. L’île de Saint-Honorat va vous emmener loin, très loin de l’agitation cannoise et de sa croisette.

Visite des vignes

Plus qu’une île, il s’agit aussi du havre de paix et d’unité des moines cisterciens. Ils cultivent huit hectares de vigne : l’ensemble des travaux de taille et d’entretien sont réalisés à la main par leurs soins. En plus du travail de la vigne, ils se chargent de la vinification, du vieillissement et de la mise en bouteille. Il fait tellement bon de remonter cette allée centrale, de passer sous l’arche, et de se perdre en admirant les allées des vignes. Bien sûr, tout ça sous le chant orchestral des cigales. Vous croiserez sûrement des faisans avant d’arriver à l’imposante abbaye recouverte d’un gigantesque bougainvillier rouge flamboyant. 

Vous allez rencontrer le sommelier des moines, un passionné qui va commencer par une visite du domaine, avec toutes les explications et anecdotes sur l’histoire du domaine. Profitez, regardez et écoutez, cette visite m’a toujours paru trop courte… Vient ensuite le moment de la dégustation ; prenez le temps de découvrir à travers votre palet les notes iodées et douces de ce vin fait avec un savoir ancestral. Une fois la dégustation finie, prenez le temps de flâner sur l’île.

Le monastère

Direction plein sud, et la deuxième merveille de l’île s’offre à vos yeux : le monastère fortifié, datant du XIe siècle. Un monument en pierres claires, sans ouverture, posée sur la mer, avec une minuscule porte s’impose par sa force. Il a été bâti pour protéger les habitants de l’île, lieu de repli des moines. Petit plus : la visite est gratuite. Vous pénétrez au pied de la plage, par un minuscule escalier qui vous mène à une cour intérieure lumineuse, abritant une table de pierre centrale. Montez l’escalier en colimaçon pour découvrir une vue à couper le souffle. Au loin, la cardinale, placée ici pour éviter aux marins de s’échouer sur ce haut fond.

Prenez le temps de scruter les fonds marins, le turquoise se mêle aux pierres noires et coupantes de ce tout petit îlot pour donner une impression de bout du monde. De ce côté, presque aucun bateau ne s’y risque. Plein Ouest vous découvrirez le début de l’Esterel, cet imposant massif rouge qui vient se jeter dans la mer Méditerranée. Alors, n’oubliez pas : même si les couleurs donnent une folle envie de se jeter à l’eau, il est interdit de se dévêtir sur cette île, par respect pour la vie monacale.

Pins parasols et vue des chapelles

Une fois sortie de ce monument classé, direction l’Est à la découverte des sept chapelles de l’île : vous ne pourrez les visiter, mais vous pourrez en faire le tour. Sur votre droite l’eau translucide et sur votre gauche les vignes : prenez le temps d’apprécier ce petit sentier qui vous mène à l'ombre des pins parasols et à la découverte de la chapelle de la Trinité, classée elle aussi monument historique. En cherchant un peu non loin, vous trouverez l’un des deux fours à boulets de l’époque napoléonienne. Mais attention ne vous arrêtez pas qu’au monument, prenez le temps de longer la côte, de sauter d’un rocher à l’autre, la découpe par les tempêtes à su créer de minuscules baies naturelles absolument charmantes.

À présent que vous longez l’île côté Nord, vous découvrez en face l’imposante île de Sainte-Marguerite. Entre ces deux îles de Lérins, vous pouvez admirer le chanal d’accès des bateaux et un lagon qui n’a rien à envier à la Polynésie, sauf peut-être la fréquentation, folle en période estivale. Vous tombez nez à nez avec ce minuscule port abri et sa plage de sable fin. J’aime en faire le tour, pour découvrir les petits détails comme les vieux anneaux d’amarrage et ces minuscules digues, de vrais spots à cartes postales !

Un bon repas avant la chapelle Saint Sauveur

Ça y est, retour au débarcadère, mais nous ne sommes qu’à la moitié de la visite. Vous pouvez si l’envie vous en dit, manger ou snacker à la Tonnelle, un bon moyen de continuer la dégustation d’un vin de l’île, mais cette fois accompagné par un menu à 35€, frais et toujours gourmand. Sans compter sur l’accueil toujours parfait et le cadre juste idyllique. Si vous avez un peu de chance :  vue sur les montagnes enneigées et le lagon ! Et pour finir le repas, je vous conseille de découvrir les liqueurs, elles aussi confectionnées par les moines. C’est le capitaine qui nous ramène.

Maintenant on peut reprendre la visite de l'île, plein Ouest, lever la tête et regarder une fois de plus le massif de l’Esterel… Attention, vous tombez nez à nez avec la magnifique chapelle de Saint Sauveur, elle aussi classée, et encore une fois cherchez le deuxième four à boulet de l’île. On remonte à présent vers le monastère fortifié, admiré la dernière chapelle Saint-Pierre, où se trouve sur ces murs extérieurs, un jeu éducatif de 7 à 77 ans.

La boucle est bouclée : retour par l’allée centrale, prenez le temps d’admirer une dernière fois la vigne et cette fois levez la tête pour profiter de ces superbes eucalyptus.

Fanny de la Villa du Roc Fleuri

Après un long passage dans la marine marchande, Fanny décide de débarquer pour profiter d'une vie sédentaire avec sa famille et maintenant son fils. Elle transforme sa villa en maison d'hôtes avec le rêve de toujours avoir des invités pour l'animer. Aller chez Fanny, c'est un peu comme profiter d'une maison entre amis le temps des vacances… sauf que ça ne s'arrête jamais !